En bref
- La revue des vins de france (RVF) est le principal magazine viticole français depuis 1927, avec une base de plus de 110 000 vins notés sur 20 consultable en ligne sur abonnement.
- Elle couvre toutes les régions françaises, avec une force particulière sur Bordeaux, Bourgogne et la Vallée du Rhône.
- En 2026, une offre d’accès numérique à 1 euro pour les deux premiers mois permet de tester la base sans engagement.
- C’est un outil fiable pour les grandes appellations, moins complet sur les petits vignerons indépendants de Loire, du Jura ou de Savoie.
La revue des vins de france, je l’ai vraiment comprise le jour où un vigneron de Saint-Émilion a cherché sa propre note dans les pages du mensuel, avec l’anxiété d’un auteur qui attend sa critique dans un grand quotidien. Ce soir-là, j’ai réalisé que la RVF ne s’adresse pas seulement aux amateurs qui veulent acheter intelligemment : les professionnels la regardent aussi. Depuis, j’utilise ce guide des vins presque chaque semaine, pour mes reportages dans les vignes et pour mes propres achats. J’ai appris à en tirer parti sans le suivre aveuglément. C’est ce que je vous propose de faire.
La Revue des Vins de France : un siècle de dégustation, et ça se voit
Fondée en 1927, la Revue des Vins de France n’a jamais perdu son positionnement en presque cent ans. Alors que la critique vinicole éclate en newsletters, en comptes Instagram et en podcasts de sommeliers, elle continue de paraître chaque mois en format papier, avec un tirage autour de 50 000 exemplaires, et a en parallèle une base en ligne qui dépasse 110 000 références notées.
Sa place dans l’écosystème des guides est claire. D’un côté, le Guide Hachette des Vins, annuel, très exhaustif, avec ses étoiles accessibles au plus grand nombre. De l’autre, Wine Advocate, fondé par Robert Parker, orienté vers les grands crus internationaux et sa notation sur 100. La RVF est entre les deux : mensuelle, technique sans être élitiste, centrée sur les vins français et européens, avec une grille sur 20 qui permet des nuances fines entre deux bouteilles d’une même appellation.
Elle s’adresse à un lecteur qui connaît déjà le vin, ou qui veut le connaître sérieusement. Pour comprendre pourquoi la RVF ne peut pas tout couvrir, il suffit de regarder l’ampleur du secteur : la France compte environ 80 000 exploitations viticoles, selon France AgriMer, l’établissement public qui suit les marchés agricoles français. Une revue mensuelle ne peut pas les couvrir toutes. C’est utile de le savoir avant de s’abonner.
Comment la RVF note les vins : la grille sur 20 décodée

L’échelle de notation sur 20 est plus lisible qu’il n’y paraît. En dessous de 14, un vin est noté mais pas recommandé (les vins insuffisants sont souvent écartés avant publication). Entre 14 et 15, on est sur un vin plaisant, bien fait, sans défaut notable. À partir de 16-17, on entre dans ce que j’appelle la zone de confiance : rapport qualité/prix solide, bouteille qu’on ne regrette pas. Les 18 et au-dessus signalent un vin remarquable dans son appellation ou son millésime. Le 20/20 est accordé avec une parcimonie qui en fait une distinction rare.
14, 16, 18 sur 20 : ce que ça signifie en pratique
Un Côtes du Rhône à 15/20 tient très bien l’apéritif ou le repas du quotidien (comptez 10 à 18 euros en cave). Un Châteauneuf-du-Pape à 17/20 est une bouteille pour un dîner un peu soigné, dans les 25 à 40 euros. À 19/20, vous êtes sur un vin à mettre en cave si le millésime s’y prête : un 2018 solaire de la Vallée du Rhône ou un 2021 plus tendu de Bourgogne, par exemple, entre 40 et 80 euros selon le domaine.
La dégustation est-elle vraiment à l’aveugle ?
En partie. La RVF conduit des dégustations à l’aveugle pour ses grands comparatifs d’appellation, mais les visites chez le vigneron ne le sont pas systématiquement. Sur larvf.com, chaque note est accompagnée de la date et du contexte de dégustation, ce qui vous permet de peser l’information avant d’acheter.
Ce que vaut vraiment la note RVF : mon avis honnête
Sur les grandes appellations, la RVF est difficile à battre. Bordeaux, Bourgogne, Côtes du Rhône, Alsace, Champagne : la couverture est dense, les comparatifs millésimés permettent de situer une bouteille dans son contexte. La France a plus de 360 appellations viticoles protégées répertoriées par l’INAO (Institut National de l’Origine et de la Qualité) — et la base RVF couvre certaines d’entre elles sur des séries de millésimes remontant à dix ou quinze ans, ce qui permet de voir comment un domaine a évolué.
Là où la revue des vins de france montre ses limites, c’est sur les petits vignerons indépendants. Un producteur de Trousseau dans le Jura à 3 000 bouteilles par an a peu de chances d’apparaître dans les pages du mensuel, non parce que son vin est inférieur, mais parce que couvrir les appellations confidentielles avec la même densité que Bordeaux demande des ressources. La Loire naturelle, la Savoie, le Beaujolais des petits crus : sur ces territoires, le Guide Hachette, avec son réseau de dégustateurs régionaux, est souvent plus complet.
Ce que j’ai appris à faire, c’est utiliser la RVF pour les grandes bouteilles (Bordeaux, Bourgogne, Rhône du Nord) et croiser avec d’autres avis quand je cherche un vigneron confidentiel. À mon goût, elle est particulièrement utile pour éviter les mauvais achats dans les appellations où les écarts de qualité entre producteurs sont importants. Et une note reste un instantané : la date de dégustation notée sur la fiche n’est pas un détail à négliger.
S’abonner à la RVF en 2026 : prix, accès numérique et base de 110 000 vins

En 2026, la RVF a une offre d’entrée à 1 euro pour les deux premiers mois d’abonnement numérique, selon les informations disponibles sur Maison de la Presse. C’est un seuil bas pour tester ce guide d’achat vin en ligne sans s’engager sur la durée, et la manière la plus raisonnable d’évaluer si la base correspond à vos usages réels.
L’intérêt central de l’abonnement numérique est l’accès aux 110 000 vins notés sur larvf.com, avec des filtres par appellation, millésime, cépage et fourchette de prix. Vous cherchez un Riesling d’Alsace entre 15 et 22 euros noté au-dessus de 16/20 ? La base vous répond en quelques clics, avec le nom du domaine, les notes de dégustation et les recommandations de service. C’est ce qui fait la vraie valeur de l’abonnement, bien au-delà de l’achat au numéro.
L’abonnement papier apporte en plus le mensuel dans votre boîte : dossiers de fond sur les millésimes, portraits de vignerons, guides de vente en primeur. Si vous lisez le vin autant que vous le buvez, le papier a sa légitimité propre. Si votre usage est principalement de vérifier une note avant d’acheter en cave ou en ligne, le numérique suffit.
RVF, Hachette, Parker : lequel choisir selon votre profil ?
Trois références structurent la critique vinicole pour les amateurs français. Voici un comparatif :
| Guide | Fréquence | Échelle | Points forts | Limite principale |
|---|---|---|---|---|
| RVF | Mensuel + base en ligne | /20 | Vins français et européens, base requêtable, actualité millésimée | Petits vignerons indépendants peu couverts |
| Guide Hachette | Annuel (automne) | 0 à 3 étoiles | Très exhaustif France entière, petits domaines, caves régionales | Pas de mise à jour en cours d’année |
| Parker / Wine Advocate | En ligne, en continu | /100 | Grands crus Bordeaux et internationaux, collectionneurs | Peu adapté aux vins du quotidien (12-25 €) |
Pour un amateur qui achète surtout entre 12 et 25 euros au quotidien, la RVF ou le Guide Hachette (environ 15 euros en librairie chaque automne) sont les choix les plus adaptés. Pour quelqu’un qui constitue une cave de garde en Bourgogne ou achète en primeur à Bordeaux, Parker reste la référence sur les grands crus, même si la RVF publie aussi ses propres évaluations en primeur.
À mon goût, la combinaison la plus complète pour explorer les vins français dans toute leur diversité est l’abonnement numérique RVF plus une édition annuelle du Guide Hachette : l’un pour la profondeur et l’actualité, l’autre pour les vignerons que la RVF ne couvre pas.
Ce qu’il faut retenir
La revue des vins de france reste la boussole la plus utile pour les vins français, à condition de connaître ses angles morts. Elle excelle sur les grandes appellations, moins sur les petits vignerons indépendants. Son abonnement numérique donne accès à une base de 110 000 vins filtrables sur larvf.com, avec une offre d’entrée accessible en 2026. Mais ce qu’aucune notation ne remplacera jamais : votre propre palais, et l’avis d’un caviste qui vous connaît.